- Macky ?
- Ouaip ? répondit la jeune fille dont la tête dépassait de l'encadrement de la porte de la cuisine.
- Y'a Framboise qui a perdu une jambe, Tom l'a lancé contre le mur, un peu trop fort, mais il a appelé le vétérinaire pour cheval, il arrive dans 30 minutes
, expliqua le petit garçon brun.
Le visage de la petite fille s'assombrit. Framboise était son cheval préféré, elle adorait brosser sa longue chevelure soyeuse, les soirs où elle était seule dans le noir et qu'elle n'arrivait pas à fermer l'½il, entendant sa mère pleurer en silence dans sa chambre. Elle se précipita dans la chambre des jumeaux et attrapa sa jument par la queue en la faisant tourner sur elle-même.
- T'en fais pas, le vétérinaire va la réparer, la rassura Bill.
- Et il est où ?
- LAAAAA ! annonça fièrement Tom qui tenait en main un action-man qui n'avait plus qu'un bras. Je te présente le docteur Kaulitz : « Bonjour Barbie, présentez-moi la petite jument je m'en occupe tout de suite », il prit une voix de fille suraiguë, « Oh elle est très mal en point, je m'inquiète beaucoup docteur ! Pourrez-vous la sauvez ? » « Je vais faire tout mon possible madame, ne vous inquiétez pas. »
Malgré la tristesse de savoir que son cheval préféré avait une jambe en moins, elle éclata de rire. Tom sourit, fière d'avoir rendu le sourire à son amie, puis se leva, en faisant virevolter les courtes dreads qui parsemait son crâne.
- On va jouer dehors ? J'en ai marre de jouer à Barbie, elle m'énerve.
La jeune fille acquiesça en riant. Bill se leva à son tour, et ils partirent tout les trois jouer dans le jardin des jumeaux. La petite fille venait souvent jouer chez eux, et inversement. Leur parents travaillaient souvent, ils pouvaient se voir quand ils le voulaient. C'était un trio inséparable, quand on voyait l'un d'eux, les deux autres n'étaient jamais loin. Agés de 5 ans, ils se connaissaient depuis l'âge de 3 ans, année où Macky avait déménager dans le village avec sa mère.
Arrivés dans le jardin, Tom courut jusqu'au toboggan, monta sur l'échelle, faisant semblant d'être un pilote dans un avion qui allait s'écraser. Macky éclata de rire en voyant sa tête.
- Bip, bip, meidei, meidei ! hurlait le petit dreadé.
- Tomeuh ! Descends j'ai envie de monter moi aussi ! se plaignit son frère.
- Mais ! attends, l'avion s'est pas encore scratché !
La jeune fille gloussa, et courut jusqu'à la balançoire. Elle se percha sur un siège, et se balança, imaginant qu'elle était un oiseau, prêt à l'envol. Et elle s'envola...
3 ans plus tard.- Alors ma chérie, tes bagages sont prêts ?
- J'suis pas ta chérie, s'pèce de mou du gland.
- Macky ! s'indigna sa mère, je t'interdis de parler comme ça à Brandon !
- Mais c'est vrai ! ! se défendit-elle.
- Macky ! Et d'abord, qui t'as appris ça ?
La petite fille, âgée de 8 ans seulement, se renfrogna. Sa mère ne l'emporterait pas. Pas cette fois. Elle lui lança un regard noir.
- C'est Tom, maugréa-t-elle d'une façon à peine audible.
- Qui ?
- C'est les CM2 ! ! Ils nous font tout le temps chier avec les jumeaux !
- Arrête avec les gros-mots et va finir tes bagages ! Dans 1 heure, on est à l'aéroport.
- J'veux pas partir en France, c'est nul ! ! ! ! ! hurla Macky.
Elle passa à côté de sa mère comme une furie, faisant la moue, et entama la montée des escaliers. Elle ne voulait pas partir en France avec sa mère et son nouveau copain ( oui « nouveau », elle changeait souvent en ce moment..). Mais surtout elle ne voulait absolument pas quitter Bill et Tom. C'est impensable. Vraiment impensable.
Non seulement elle en voulait terriblement à sa mère (et c'était peu dire !), mais encore plus à l'autre mou du gland de Brandon. Il gâchait sa vie. Elle le haïssait.
Au moment de boucler son dernier bagage, elle jeta un coup d'½il au pistolet à eau de Tom resté sur son lit, vestige de leur énorme bataille d'eau de la veille. Elle sourit de toutes ses dents, dévala les escaliers en trombe, pistolet en main, et sortit en claquant la porte derrière elle.
30 secondes plus tard, elle était devant la porte des Kaulitz. C'est Simone qui lui ouvrit.
- Tom a oublié son méga pistolet à eau... expliqua la jeune fille, la tête baissée.
- Ah, oui. Entre, ils sont dans leur chambre.
Elle acquiesça et se dirigea vers la chambre des jumeaux en remarquant que Gordon avait refait son apparition chez eux. Tiens, beaux-pères contre attaque...
A peine eut-elle mis un pied dans la chambre, que Tom lui arracha le pistolet des mains dans un grand sourire.
- Waouw ! Trop cool, j'le cherchais partout ! ! s'exclama-t-il.
Elle sourit et s'assit contre un mur, repliant ses genoux contre sa poitrine, le regard planté droit devant elle. De quelle façon allait-elle leur dire ? Ca faisait des mois qu'elle repoussait ce moment... La boule d'angoisse augmentait au fil des secondes, à la limite du supportable.
Bill s'approcha d'elle, sentant le malaise, et passa un bras autour de ses épaules.
- Ca a pas l'air d'aller... constata-t-il.
- T'as raison, ça va pas. Brandon est de retour, j'me casse en France dans 1 heure...
Un blanc passa. Puis Bill se leva d'un coup, faisant sursauter son frère qui lâcha brusquement le pistolet. Après quelques secondes passées à fixer la jeune fille mal à l'aise, il s'écria :
- Quoi ? ! Mais c'est impossible ! ! ! Dis-moi que c'est pas vrai ? ! hurla bill.
Elle soupira, une sensation bizarre venant titiller ses yeux.
- J'aimerais bien...
Tom, n'ayant pas perdu un mot de la conversation, s'assit sur le lit du bas, la bouche grande ouverte. Quant à Bill, il arborait une expression horrifiée qui commençait à effrayer la jeune fille...
- Non. Tu peux pas partir, c'est impossible... répéta-t-il.
Tom secoua la tête, et posa sa main sur l'épaule de Bill dans un geste protecteur.
Macky hocha tragiquement la tête.
Soudain, elle entendit sa mère l'appeler de la cuisine des Kaulitz. C'était l'heure. Mais l'heure de quoi au juste ? Des souffrances ? Faut-il souffrir pour espérer connaître quelque chose de la vie ?
Elle regarda les jumeaux tour à tour, les larmes aux yeux, pour la première fois.
Elle serra les dents en se levant, puis leur sourit, pour la dernière fois. Putain d'adieux à la con...
- S'il vous plaît... commença-t-elle.
Ils la regardaient fixement. La jeune fille se mordit la lèvre inférieur, sentant que dans peu de temps, elle devrait rejoindre sa mère pour partir loin d'eux, peut-être pour toujours...
- Ne m'oubliez pas. Termina-t-elle dans un énorme effort de volonté.
Une unique larme, la première, roula le long de la joue de Tom, tandis que des dizaines noyaient déjà celles de Bill. Elle partit sans un mots, sans un regard en arrière, s'essuyant les yeux avec sa manche.
En arrivant dans la cuisine, Simone la serra dans ses bras, et elle sut tout de suite de quoi discutaient les deux mères avant son arrivée.
- Tu vas nous manquer, chuchota-t-elle en ébouriffant les cheveux blonds de Macky qui réprima une grimace.
Elle luttait maintenant pour ne pas pleurer. Pas devant sa mère, pas maintenant, plus tard, quand plus personne ne la regarderait.
- Surtout à Bill et Tom, conclut Simone sans savoir que sa phrase eut l'effet d'un coup de poignard pour la jeune fille.
C'en était trop. Macky sortit de la maison en courant.
10 minutes plus tard, elle se trouvait dans la voiture de Brandon direction l'aéroport, respirant l'odeur insupportable du neuf. Trop de neuf, trop de nouvelles choses à devoir affronter, tout ça lui faisait peur.
Jamais sa mère et sa « carrière de mannequin » n'aurait puent se payer cette voiture. Et c'était bien ça le problème...
Au moment où Brandon glissait les clefs dans la voiture, Bill arriva en courant, suivit de Tom qui lui criait quelque chose. Macky ne voulut pas se retourner. Elle ne se retournerait plus. Sinon, elle allait pleurer, c'était sûr.
Au lieu de ça, elle observait la scène dans le rétroviseur, le visage crapuleux de Brandon lui parvenant par la même occasion. Elle lui tira méchamment la langue, ce qui lui tira un rictus qui la fit frémir.
La voiture démarra.
- Non, Macky ! NOOOON ! hurla Bill.
Mais la voiture avança, et Macky avec, sans se retourner, pour ne faire demi-tour que 7 ans plus tard...
Longue introduction postée... Les premières impressions ? Je stresses un peu là... =S
PS : Et encore merci à mes tous premiers lecteur, Tom, Aurianne et Flo' vous avez été de très bonnes critiques ! x'D